Les Espagnols reçus 5 sur 6 !

« En Espagne, il n’y a que le Real et le Barca ». L’éternel adage de ces 10 dernières années perd chaque année un peu plus de son sens. Alors certes, ces deux équipes sont de tels monstres que le suspense en Liga est relativement limité. Mais cela ne veut pas dire que les équipes derrière sont des chèvres. Pour preuve, sur les six clubs engagés dans les deux coupes européennes, cinq ont atteint les demi-finales ! Seul Villareal n’a pas réussi à sortir de son « petit » groupe de Ligue des champions (Bayern, Naples, Manchester)… Quoi qu’il en soit, les Espagnols sont omniprésents et la probabilité de voir deux finales 100% espagnoles est tout sauf nulle.

En LdC

On en parle depuis longtemps, on s’en approche de plus en plus, la finale Barcelone-Real est toujours à l’ordre du jour. Les deux patrons de la Liga doivent auparavant éliminer respectivement Chelsea et le Bayern. Ce qui n’est pas si évident me direz-vous, car les Blues n’ont plus que ça à jouer et le Bayern aura à cœur de jouer la finale chez lui à Munich. Mais je ne les vois pas battre les deux titans de cette saison. Pour moi la coupe aux grandes oreilles se jouera entre les Merengues et les Blaugranas, avec le Real qui ne vit que pour vaincre le Barca et le Barca qui ne joue plus que ça… Ca promet ! Reste à souhaiter que dans cette hypothèse, le mauvais esprit ne gâche pas le match le plus attendu de l’année. Je me lance pour un pronostic final : Barcelone.

En Ligue Europa

Cela fait deux années de suite que les demi-finales de Ligue Europa sont exclusivement composées de clubs de la péninsule ibérique. Sauf que l’an dernier, il y avait trois équipes portugaises et une espagnole, et cette année c’est l’inverse. C’est bien simple, depuis sa création cette compétition n’a vu que des équipes portugaises et espagnoles s’imposer. Cette année au menu des demi: tout d’abord l’Athletic Bilbao contre le Sporting Portugal. C’est la rencontre entre les deux tombeurs des deux Manchester, United et City, deux équipes qu’on a d’ailleurs vu trop vite en finale de C3 au passage… Je vois tout de même Bilbao gagner, car leur niveau de jeu est époustouflant en cette fin de saison. Et l’autre match opposera Valence à l’Atletico Madrid. Les Madrilènes, vainqueurs il y a deux ans, sont moins efficaces depuis le départ de leur paire Forlan/Agüero, et même si Falcao fait une bonne saison (3è meilleur buteur), je ne les vois pas vaincre Valence, bien accroché à sa troisième place en Liga. Je pronostique donc une finale Valence-Bilbao. Mon prono : Bilbao.

Les stats parlent d’elles-mêmes, le football espagnol étouffe l’Europe en ce moment, et prend le relais après la domination anglaise de la décennie précédente. Peut-être que la France prendra le prochain tour. Imaginez l’année prochaine, ça nous donnerait Montpellier et le PSG en demi-finales de C1, et Rennes, Toulouse et Sainté en demi de C3. Vive la Ligue 1 !

S.

Barcelone – Milan : Et si ma tante en avait…

Commençons par dire que je ne suis pas un fan du Barça. Mais il est vrai que j’apprécie de voir jouer cette équipe. Un jeu porté sur l’offensive, fait d’accélérations et de redoublements de passes, cela correspond à une vision du football que je trouve agréable à suivre. Néanmoins, comme d’autres (coucou Mexès !), je peux parfois être agacé par certaines provocations ou simulations de la part de Busquets, Dani Alves ou encore Messi…

L’arbitre accusé

Hier, mardi 3 avril, quart de finale retour de Ligue des Champions FC Barcelone – Milan AC. Bref rappel des faits : 3-1 pour le Barça, dont deux buts catalans sur des penaltys transformés par Lionel Messi. Ce sont justement ces décisions arbitrales, en particulier la deuxième, qui font polémique sur divers forums sportifs depuis la fin du match.

En ce qui me concerne, je trouve le premier penalty logique et le deuxième contestable. Sans pour autant être scandaleux. Mais surtout, ces « faits de jeu » ont permis à de nombreux détracteurs de Barcelone de ressortir l’ancestrale théorie du complot : à chaque fois que le Barça est en difficulté, un coup de pouce du hasard / du destin / de l’arbitre (rayer la mention inutile) lui vient en aide.

Allegri coupable ?

Premièrement, si l’on s’en tient à la double confrontation contre le Milan AC, il ne me paraît pas évident que l’arbitrage ait été qu’en faveur de Barcelone. Ce n’est que mon ressenti, mais je me souviens qu’au match aller, il n’aurait pas été abracadabrant que les Blaugrana bénéficient d’un penalty. En revanche, ce qui me paraît évident, c’est que les Rossoneri paient leur manque d’ambition du match aller. Bétonner derrière en misant tout sur un hypothétique 0-0 pour conserver ses espoirs lors du match retour n’aura pas été une stratégie couronnée de succès. D’autant qu’au match retour, avec 2 tirs, dont un seul cadré, les attaques seront restées trop timorées pour faire la différence.  Avec un trio offensif Ibrahimovic-Robinho-Boateng, n’y avait-il pas moyen de mettre davantage en difficulté une défense catalane, qui n’a pas toujours semblé d’une sérénité à toute épreuve ?

Avec des si…

De manière plus générale, j’ai l’impression que les victoires du Barça lors des matchs importants suscitent souvent le même type de réactions. « Et si l’arbitre n’avait pas accordé ce penalty… », « Et si Pato ne s’était pas blessé… », « Et si untel n’avait pas été expulsé… », « Et si untel n’avait pas fait une erreur à ce moment du match… », « Et si cette frappe n’avait pas été contrée… »… Et si ma tante en avait ? Oui, fréquemment, un match se joue sur un ou plusieurs fait(s) de jeu favorable(s) à l’équipe qui l’emporte. Mais n’est-ce pas inhérent au football, voire au sport en général ? Affirmer que Barcelone se qualifie toujours avec une grande part de chance me paraît être un raccourci bien subjectif. Et si l’on s’en tient au vieil adage, gageons qu’au moins pour ce quart de finale, la chance aura souri au plus audacieux.

B.

L’OM doit-il laisser tomber une compétition ?

A la peine en Championnat, l’Olympique de Marseille est encore en lice sur quatre tableaux (Coupe de France, Coupe de la ligue, Ligue des champions et Ligue 1). Au moment d’entamer un marathon de matches, l’OM doit-il laisser filer une compétition ?

Six matches en dix-huit jours. Voici le rythme infernal auquel les joueurs de Didier Deschamps vont devoir se plier à partir de ce soir. Et ce marathon commence avec le déplacement à Quevilly en quart de finale de la Coupe de France. S’il paraît difficile d’imaginer les Marseillais perdre délibérément, il est probable qu’ils soient encore sonnés par leur étonnante série du moment (6 défaites consécutives, toutes compétitions confondues). Plus généralement, même s’il est difficile d’envisager l’OM lâcher un match a priori facile, tous les autres auront une importance cruciale. Quand on se rappelle de l’effet qu’a eu la victoire en Coupe de la ligue en 2010 sur la fin de la saison, la finale de cette édition 2012 face à Lyon sera un autre match charnière. A côté de ça, il y a ce quart de finale de Ligue des champions face au Bayern Munich. Lorsqu’on passe une saison de Championnat à tenter de se qualifier pour une coupe européenne, on ne laisse pas passer un quart de finale, d’autant qu’une éventuelle qualification pourrait servir d’électrochoc de confiance. Tout cela avec en toile de fond la Ligue 1, qui reste la priorité du club.

« Pas lâcher le championnat »

En plus, Didier Deschamps est un compétiteur né. Lui qui était présent lors de la dernière accession de l’OM à ce stade en Ligue des champions (l’année de la victoire en 1993), il est impossible pour lui de demander à ses joueurs de lever le pied sur ce genre de match. « On est dans le dur actuellement. On est présent dans quatre compétitions. Et là où on est le moins bien embarqué, c’est le Championnat. Mais on ne peut pas le lâcher. Notre programme est chargé mais on se doit d’engranger des points en Championnat. » Le coach olympien devra donc faire avec, en prenant à chaque fois le risque que la débauche d’énergie en coupes pénalise son groupe, déjà trop mince pour le seul Championnat, pour le match suivant en Ligue 1. Car le paradoxe le plus cruel pour l’OM est bien là : la confiance en Championnat peut revenir grâce aux coupes, mais gagner les coupes il faudra puiser dans l’énergie consacrée au Championnat… Sans oublier le fait que les coupes, européennes et nationales, offrent une place qualificative au vainqueur  pour l’année suivante en coupe d’Europe. Encore une fois les intérêts des coupes et du Championnat se chevauchent dans une cavalcade risquée. Aux risques et périls de Didier Deschamps et ses hommes, qui vivent décidément une drôle de saison.

Finalement, l’expression « courir plusieurs lièvres à la fois » s’applique parfaitement à la situation de l’Olympique de Marseille. Nul doute qu’il va perdre des plumes, mais force est de constater qu’il n’a pas vraiment le choix, et que cette réussite en coupes sonne étrangement comme une malédiction…

S.

A quoi joue Aulas?

A force de vouloir attirer l’attention, Jean-Michel Aulas va finir par perdre toute crédibilité. A peine trois semaines après sa virulente attaque de l’arbitrage après Lyon-PSG (4-4) et la suspension de banc qu’elle a provoquée, il a de nouveau prouvé qu’il était le président le plus remuant en Ligue 1. A quelques heures de l’éternel « derby » entre l ‘AS Saint-Etienne et l’Olympique lyonnais, il n’a pas tardé à dégainer son arme préférée : la polémique. Dès sa sortie du bus, qui a pénétré l’enceinte de Geoffroy-Guichard dans la chaude ambiance propre aux derbys, il a lourdement critiqué le dispositif de sécurité, traitant même le délégué stéphanois de « nul ». Son argument : les supposées attaques des supporters verts sur le bus, mais les images ne sont pas très marquantes. Pas de doute en tout cas pour Aulas, il porte plainte pour « agression en bande organisée ».

On sait que le président lyonnais est un spécialiste de ces sorties médiatiques, et que souvent ses saillies ont pour but de protéger ses joueurs, à l’instar de Mourinho au Real. Mais cette fois, on se demande tout de même l’intérêt pour lui de porter plainte à chaque match. En plus, il a l’audace à la fin du match, et donc après la victoire de Lyon (1-0), de reparler de l’histoire de la PlayStation. Certes c’est le journaliste qui en parle, mais il devrait justement avoir l’expérience nécessaire pour éviter d’être à chaque fois au centre des spirales médiatiques négatives. On a l’impression qu’avant chaque match à enjeu, JMA cherche à critiquer pour éloigner la lumière de la prestation sportive à proprement parler. Evidemment un président de club doit gérer les aspects extra-sportifs, mais M. Aulas oublie peut-être trop souvent les aspects sportifs justement.

A lui de se rappeler, et rapidement, qu’à force de crier au loup il va finir par uniquement brasser de l’air,  et détériorer l’image du club qu’il s’efforce tant à protéger…

S.

Et Yachvili?

Non sélectionné pour le match contre l’Irlande dimanche (17-17), Dimitri Yachvili a cruellement manqué à l’équipe de France. Il aurait bien été utile pour corriger les approximations techniques qui ont tant freiné les actions dans le jeu. Mais Philippe Saint-André ne l’a toujours pas rappelé pour le match contre l’Angleterre. Son match avec le Biarritz Olympique (victoire 38-15 le week-end dernier face à Bordeaux-Bègles) prouve pourtant son bon état de forme actuel. Il est le véritable moteur de l’équipe basque. Morgan Parra n’a pas démérité lors des deux dernières sorties des Bleus, mais force est de constater que la charnière n’est pas irréprochable. Pourquoi ne pas essayer autre chose dans ce cas ? Avec Julien Dupuy en doublure de Parra, le sélectionneur semble vouloir rajeunir son groupe, mais Yachvili, toujours au top de sa forme à 31 ans, peut apporter son expérience et ses 60 sélections à une équipe qui semble manquer de cadres.

En plus, le « Yach » est toujours efficace face aux Anglais. Meilleur marqueur de l’histoire française face au XV de la rose (74 points), le minimum aurait été de lui donner une chance d’améliorer cette belle statistique. Et Philippe Saint-André lui-même semble manquer d’arguments pour expliquer cette éviction, la justifiant par un manque de temps de jeu de Dupuy en équipe de France.

Quoi qu’il en soit, le Biarrot n’est pas du genre à se laisser abattre. Revenu à chaque fois à son meilleur niveau après ses blessures, il a toujours fait preuve d’une force mentale à toute épreuve et ce n’est pas ces trois matches manqués avec les Bleus qui vont le démotiver. Et s’il poursuit ses bonnes performances en club, on ne voit pas comment PSA pourrait s’obstiner à ne pas le sélectionner.

S.