Cours de soutien aux Marseillais

Je me suis amusé à m’imaginer dans la peau du rédac chef de la Provence, pour l’édition de demain matin :

« Supporteur : spectateur de sport prenant parti pour une équipe, pouvant la suivre en déplacement pour l’encourager. Cette définition, pourtant simple, semble avoir été oubliée par les passionnés de l’Olympique de Marseille. Mercredi dernier, le stade Vélodrome, qu’on prétend si explosif, devait sembler glacial au public bavarois venu soutenir le Bayern. Ce soir à l’Allianz Arena, les rares inconditionnels du club phocéen qui auront fait le déplacement pourront regarder leurs homologues et apprendre comment porter une équipe et jouer à fond le rôle de 12è homme. A Munich, 69000 supporteurs viennent en moyenne pousser le Bayern, chauffer les gradins et donner une voix à ce stade. La qualification est presque acquise pour les Munichois, mais nul doute que l’enceinte sera pleine. Prenons en de la graine, vibrons pour l’OM, osons croire à l’exploit ! Et ne laissons pas les querelles internes gangréner notre club, surtout cette semaine. Chacun sa spécialité. »

S.

L’OM doit-il laisser tomber une compétition ?

A la peine en Championnat, l’Olympique de Marseille est encore en lice sur quatre tableaux (Coupe de France, Coupe de la ligue, Ligue des champions et Ligue 1). Au moment d’entamer un marathon de matches, l’OM doit-il laisser filer une compétition ?

Six matches en dix-huit jours. Voici le rythme infernal auquel les joueurs de Didier Deschamps vont devoir se plier à partir de ce soir. Et ce marathon commence avec le déplacement à Quevilly en quart de finale de la Coupe de France. S’il paraît difficile d’imaginer les Marseillais perdre délibérément, il est probable qu’ils soient encore sonnés par leur étonnante série du moment (6 défaites consécutives, toutes compétitions confondues). Plus généralement, même s’il est difficile d’envisager l’OM lâcher un match a priori facile, tous les autres auront une importance cruciale. Quand on se rappelle de l’effet qu’a eu la victoire en Coupe de la ligue en 2010 sur la fin de la saison, la finale de cette édition 2012 face à Lyon sera un autre match charnière. A côté de ça, il y a ce quart de finale de Ligue des champions face au Bayern Munich. Lorsqu’on passe une saison de Championnat à tenter de se qualifier pour une coupe européenne, on ne laisse pas passer un quart de finale, d’autant qu’une éventuelle qualification pourrait servir d’électrochoc de confiance. Tout cela avec en toile de fond la Ligue 1, qui reste la priorité du club.

« Pas lâcher le championnat »

En plus, Didier Deschamps est un compétiteur né. Lui qui était présent lors de la dernière accession de l’OM à ce stade en Ligue des champions (l’année de la victoire en 1993), il est impossible pour lui de demander à ses joueurs de lever le pied sur ce genre de match. « On est dans le dur actuellement. On est présent dans quatre compétitions. Et là où on est le moins bien embarqué, c’est le Championnat. Mais on ne peut pas le lâcher. Notre programme est chargé mais on se doit d’engranger des points en Championnat. » Le coach olympien devra donc faire avec, en prenant à chaque fois le risque que la débauche d’énergie en coupes pénalise son groupe, déjà trop mince pour le seul Championnat, pour le match suivant en Ligue 1. Car le paradoxe le plus cruel pour l’OM est bien là : la confiance en Championnat peut revenir grâce aux coupes, mais gagner les coupes il faudra puiser dans l’énergie consacrée au Championnat… Sans oublier le fait que les coupes, européennes et nationales, offrent une place qualificative au vainqueur  pour l’année suivante en coupe d’Europe. Encore une fois les intérêts des coupes et du Championnat se chevauchent dans une cavalcade risquée. Aux risques et périls de Didier Deschamps et ses hommes, qui vivent décidément une drôle de saison.

Finalement, l’expression « courir plusieurs lièvres à la fois » s’applique parfaitement à la situation de l’Olympique de Marseille. Nul doute qu’il va perdre des plumes, mais force est de constater qu’il n’a pas vraiment le choix, et que cette réussite en coupes sonne étrangement comme une malédiction…

S.

A quoi joue Aulas?

A force de vouloir attirer l’attention, Jean-Michel Aulas va finir par perdre toute crédibilité. A peine trois semaines après sa virulente attaque de l’arbitrage après Lyon-PSG (4-4) et la suspension de banc qu’elle a provoquée, il a de nouveau prouvé qu’il était le président le plus remuant en Ligue 1. A quelques heures de l’éternel « derby » entre l ‘AS Saint-Etienne et l’Olympique lyonnais, il n’a pas tardé à dégainer son arme préférée : la polémique. Dès sa sortie du bus, qui a pénétré l’enceinte de Geoffroy-Guichard dans la chaude ambiance propre aux derbys, il a lourdement critiqué le dispositif de sécurité, traitant même le délégué stéphanois de « nul ». Son argument : les supposées attaques des supporters verts sur le bus, mais les images ne sont pas très marquantes. Pas de doute en tout cas pour Aulas, il porte plainte pour « agression en bande organisée ».

On sait que le président lyonnais est un spécialiste de ces sorties médiatiques, et que souvent ses saillies ont pour but de protéger ses joueurs, à l’instar de Mourinho au Real. Mais cette fois, on se demande tout de même l’intérêt pour lui de porter plainte à chaque match. En plus, il a l’audace à la fin du match, et donc après la victoire de Lyon (1-0), de reparler de l’histoire de la PlayStation. Certes c’est le journaliste qui en parle, mais il devrait justement avoir l’expérience nécessaire pour éviter d’être à chaque fois au centre des spirales médiatiques négatives. On a l’impression qu’avant chaque match à enjeu, JMA cherche à critiquer pour éloigner la lumière de la prestation sportive à proprement parler. Evidemment un président de club doit gérer les aspects extra-sportifs, mais M. Aulas oublie peut-être trop souvent les aspects sportifs justement.

A lui de se rappeler, et rapidement, qu’à force de crier au loup il va finir par uniquement brasser de l’air,  et détériorer l’image du club qu’il s’efforce tant à protéger…

S.

Martin Fourcade: la gloire en ligne de mire !

Martin Fourcade nous aura fait rêver tout au long de ces Mondiaux. Avec cette troisième médaille d’or, le Catalan a confirmé qu’il survolait la planète biathlon en ce moment, et que surtout il avait l’âme d’un champion. Hier à Rupohlding, il a abordé la mass start avec une rage de vaincre non dissimulée. C’est vrai qu’il avait manqué ces deux dernières courses, mais cette fois c’était différent. Martin Fourcade a réussi à transformer sa frustration en un genre d’état de grâce, notamment au tir qui est pourtant son point faible. Hier, il n’avait donc plus de point faible, car il avait conservé son mordant lors des phases skiées. Aujourd’hui le cadet des frères Fourcade peut rêver très haut, car il a déjà à 23 ans un palmarès que seule une minorité détient en fin de carrière. Même ses adversaires le considèrent comme un génie de la discipline, et il impressionne par son talent et son fair play. De quoi mettre la lumière sur un sport encore trop méconnu en France.

S.

Et Yachvili?

Non sélectionné pour le match contre l’Irlande dimanche (17-17), Dimitri Yachvili a cruellement manqué à l’équipe de France. Il aurait bien été utile pour corriger les approximations techniques qui ont tant freiné les actions dans le jeu. Mais Philippe Saint-André ne l’a toujours pas rappelé pour le match contre l’Angleterre. Son match avec le Biarritz Olympique (victoire 38-15 le week-end dernier face à Bordeaux-Bègles) prouve pourtant son bon état de forme actuel. Il est le véritable moteur de l’équipe basque. Morgan Parra n’a pas démérité lors des deux dernières sorties des Bleus, mais force est de constater que la charnière n’est pas irréprochable. Pourquoi ne pas essayer autre chose dans ce cas ? Avec Julien Dupuy en doublure de Parra, le sélectionneur semble vouloir rajeunir son groupe, mais Yachvili, toujours au top de sa forme à 31 ans, peut apporter son expérience et ses 60 sélections à une équipe qui semble manquer de cadres.

En plus, le « Yach » est toujours efficace face aux Anglais. Meilleur marqueur de l’histoire française face au XV de la rose (74 points), le minimum aurait été de lui donner une chance d’améliorer cette belle statistique. Et Philippe Saint-André lui-même semble manquer d’arguments pour expliquer cette éviction, la justifiant par un manque de temps de jeu de Dupuy en équipe de France.

Quoi qu’il en soit, le Biarrot n’est pas du genre à se laisser abattre. Revenu à chaque fois à son meilleur niveau après ses blessures, il a toujours fait preuve d’une force mentale à toute épreuve et ce n’est pas ces trois matches manqués avec les Bleus qui vont le démotiver. Et s’il poursuit ses bonnes performances en club, on ne voit pas comment PSA pourrait s’obstiner à ne pas le sélectionner.

S.