Suzy Favor Hamilton, 44 ans, prostituée olympique

Suzy Favor Hamilton escort-girlEn ces périodes de fêtes, on se délecte d’histoires aussi improbables que féeriques. Ces destins hors du commun qui savent nous charmer ou nous émerveiller. Aujourd’hui, le Yaourt du Sport vous narre l’histoire merveilleuse de Suzy Favor Hamilton, une athlète devenue escort-girl il y a un an.

Une double vie irrationnelle et lucrative

« Suzy likes the boys and the boys like Suzy », dit la chanson. Voilà plus d’un an que Suzy Favor Hamilton, ancienne championne de demi-fond des Etats-Unis, vendait ses charmes dans plusieurs villes des Etats-Unis, moyennant 600$ de l’heure. Donc pas à la portée de toutes les bourses. C’est elle-même qui l’a avoué, via son compte Twitter, après que l’affaire est sortie dans la presse américaine. Elle a reconnu des « choix hautement irrationnels », refusant de se considérer comme une victime et expliquant que cette « double vie » trouvait sa source dans une « période difficile de sa vie et de son couple » et qu’elle lui permettait de « s’échapper d’un quotidien oppressant ».

Celle qui se faisait appeler Kelly Lundy en tant qu’escort-girl, 44 ans, mariée, une fille de 7 ans, a également souligné que son époux était au courant de son activité, mais qu’il la désapprouvait. Elle utilisait un pseudonyme mais a admis avoir révélé sa véritable identité à quelques clients, ce qui a sans doute entraîné les fuites dans les médias.

Comment une grande championne peut-elle en venir à se prostituer ?

Qui était Suzy Favor Hamilton avant de devenir une des prostituées les plus célèbres des Etats-Unis ? A la fin des années 90 et au début des années 2000, Suzy Favor, mariée à Mark Hamilton, représente le grand espoir du demi-fond américain. Après plusieurs titres universitaires, puis nationaux dans les années 90, le point d’orgue de sa carrière arrive en 2000. Détentrice de la meilleure performance mondiale de l’année sur 1500m, elle arrive aux Jeux Olympiques de Sydney avec l’étiquette de favorite, après des participations olympiques en 92 et 96 marquées par des éliminations précoces. Qualifiée pour la finale de cette épreuve, cette course marque vraisemblablement le tournant de sa carrière, si ce n’est de sa vie.

Comme elle l’avouera quelques années plus tard, sur la ligne de départ de cette finale, elle sent la pression écrasante de tous ceux qui la poussent : famille, amis, entraîneurs, sponsors. Encore en tête à l’entame du dernier virage, elle voit deux concurrentes lui passer devant, mettant fin à ses espoirs de devenir la première Américaine sacrée sur demi-fond. Comprenant que son rêve lui échappe, Suzy Favor Hamilton décide de laisser tomber, et même au sens propre, de se laisser tomber. Des dizaines de millions de téléspectateurs assistent alors au spectacle grotesque d’une championne qui chute toute seule dans la dernière ligne droite, abattue par la défaite, avant de se relever et de finir la course, honteuse.

Cet échec, elle ne s’en remettra pas. Il est alors venu s’ajouter aux soucis qui ont pesé sur les épaules de la championne durant toute sa vie : du suicide de son frère en 1999 à ses troubles alimentaires pour tenter de perfectionner son corps dans une discipline des plus exigeantes. Et quand son couple s’est mis à battre de l’aile, c’est sans doute en partie sa fragilité psychologique qui l’a conduite à ces choix irrationnels.

A plus forte raison, l’exemple de Suzy Favor Hamilton pose la question de l’accompagnement des sportifs de haut niveau, en particulier à la fin de leur carrière, virage délicat à appréhender pour chacun d’entre eux. Dans le cas de l’Américaine, après avoir consacré la majeure partie de sa vie à se perfectionner pour quelques événements ponctuels (championnats du monde, JO) qu’elle n’a pas su gérer, elle s’est retrouvée complètement démunie au moment de sa retraite, comme nombre d’athlètes. Sur Twitter, elle a avoué être suivie par un psychologue depuis quelques semaines. Peut-être qu’un accompagnement plus complet pendant et après sa carrière aurait pu l’aider à accepter les défaites et à faire face à ses vieux démons qui l’ont conduit, d’une manière ou d’une autre, à faire des choix qu’elle regrette aujourd’hui.

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B.

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