Le grand retour de l’OM

Qu’il semble loin, l’Olympique de Marseille qui était lanterne rouge de ligue 1 après 6 journées. Auteurs d’un début de saison catastrophique (3 nuls et 3 défaites lors des 6 premières journées), les Marseillais ont entrepris ensuite une remontée infernale. Le tournant de la saison se passe sûrement le 6 décembre au Westfalenstadion de Dortmund. Dernière journée de la phase de ligue des champions, les hommes de Didier Deschamps, rapidement menés 2-0, arrachent la victoire et la qualification en fin de rencontre. De quoi refaire le plein de confiance et repartir de l’avant.

Depuis, ils enchaînent les bons résultats et ont des statistiques de futur champion (10 points en 4 matches, faciles qualifications en coupe de France et coupe de la ligue). Bien sûr leur début de saison les pénalise encore trop pour jouer les trouble-fêtes auprès du duo de tête Paris-Montpellier, mais les voici à 2 points du podium et de cette place qualificative pour la ligue des champions. A ce train, plus rien n’est impossible.

Car cette 3è place est presque vitale pour l’OM en difficulté financière, car elle est synonyme de revenus en cas de qualification finale pour la phase de poules (13,3 M d’euros). Ce retour finalement assez tôt dans la saison parmi les 6 premiers peut redonner de l’espoir aux supporters marseillais. Il reste encore 18 matches en ligue 1, et la dynamique actuelle peut inciter certains joueurs à rejoindre le club pendant le mercato.

La meilleure façon d’entamer 2012

Ces résultats sont évidemment satisfaisants pour l’OM, mais ce n’est en aucun cas le moment de se reposer sur ses lauriers. Didier Deschamps et ses hommes ont encore 4 matches décisifs à jouer en 3 semaines. Hormis les deux coupes, ils iront à Rennes et recevront Lyon lors des deux prochaines journées, les deux équipes qui les précèdent directement au classement. Il va donc falloir maintenir ce rythme pour rester accroché au wagon de tête.

Et il faudra pour cela apprendre à vivre sans les frères Ayew, partis à la CAN. Car Jordan et André étaient presque indispensables à l’attaque olympienne, et leur absence risque de peser si l’actuel duo de feu « Rémy-Valbuena » (voir infographie) se fatigue. Car pour l’instant les deux attaquants marchent sur l’eau, et pallient très bien l’absence des deux Ghanéens.

Si l’OM continue ses belles performances jusqu’à la fin de la CAN, et si Brandao s’intègre bien de nouveau au groupe, on pourrait les voir jouer la première place en mai. Mais avec si, on mettrait Marseille en bouteille…                                                                                                                                                   S.

Le PSG réussit sa rentrée

Pour le premier match de Carlo Ancelotti sur le banc du Parc des princes, les parisiens ont disposé d’une équipe de Toulouse peu inspirée (3-1).

L’italien avait d’ailleurs injecté quelques surprises dans sa composition, en repositionnant Bisevac latéral droit, et surtout en plaçant Ménez à la pointe de l’attaque parisienne. Ces innovations ont semblé perturber les automatismes parisiens, et de leur côté les toulousains ont profité des brèches, percutant la défense et se procurant les premiers corners du match.  Ménez n’arrive pas à se placer, et se déporte beaucoup trop sur les ailes pour peser sur la solide défense toulousaine (meilleure défense avant la rencontre, à égalité avec le PSG). Mais les hommes d’Alain Casanova ont beaucoup de difficultés en attaque depuis le début de la saison, et le match d’hier n’a pas dérogé à la règle.

Car pour vaincre le PSG cette année, il faut transformer les occasions. Les trois milieux relayeurs alignés par Ancelotti (Momo Sissoko, Bodmer et Jallet) ont rapidement étouffé leurs adversaires. Ces trois là sont de ceux qui semblent avoir plus de poumons que la normale. Le coach parisien avait pris des risques en bousculant la formation d’une équipe qui gagnait, mais la physionomie de la rencontre lui a donné raison. Bisevac a bien occupé son couloir, délivrant même une passe décisive pour l’ouverture du score de Nenê (1-0, 38è).

Après la pause, les parisiens ont dominé les débats dans tous les compartiments du jeu. Pastore, bien lancé par Ménez, remporte son duel avec Ahamada (2-0, 56è) et a semblé retrouvé ses inspirations perdues en fin d’année 2011. La défense est compacte et repousse les timides assauts toulousains, avec un Sakho impérial et un Maxwell convaincant pour son premier match sous ses nouvelles couleurs. Nenê confirme son état de grâce en éliminant Congré puis en trompant Ahamada pour la deuxième fois (3-0, 68è).

Au final ça fait trois buts encaissés pour Toulouse, qui laisse donc son statut de meilleure défense aux seuls parisiens. Seule ombre pour Ancelotti, le but marqué par Braaten en fin de match, au terme d’un cafouillage général (3-1, 88è).

Mais le PSG version 2012 conserve sa place de leader, et a convaincu pour sa rentrée scolaire.

S.

Leonardo tacle Maradona

Décidément, le PSG version Qatar aura fait parler tout le monde. Même les légendes. Diego Maradona s’en est pris dimanche à Leonardo au micro du Canal Football Club, disant qu’il ne comprenait pas ses choix de carrière et critiquant le nouvel aspect « pétrodollars » du nouveau club de la capitale.

Rappel du contexte : Maradona, actuellement entraîneur du club d’Al-Wasl au Qatar, a été interrogé sur la nouvelle situation du club parisien. Forcément, l’ex-star de l’équipe argentine avait quelque chose à dire.

Vieille rivalité argentino-brésilienne, clash entre deux personnalités ou simple volonté de faire le buzz ? Quoi qu’il en soit, « El Pibe de Oro » est un habitué de la déclaration choc, et celle-ci a forcément fait réagir le manager parisien.

« Plus on parle du PSG, mieux c’est ». Leonardo, rompu à l’exercice de la communication postcritiques, met en avant l’aspect médiatique de l’affaire. Sans doute aurait-il étouffé l’affaire en ne disant que cela, mais c’était sans compter sur l’ego du brésilien. L’attaque était plus discrète, mais en qualifiant Maradona de « 3è meilleur joueur mondial de tous les temps derrière Pelé et Messi», sa réponse cinglera aux oreilles de l’argentin.

Du coup, on peut sans trop s’avancer affirmer que le match opposant les deux anciens footballeurs n’en restera pas là. On sait Maradona très « sensible » quant à la hiérarchie des meilleurs joueurs de tous les temps. Si la légende argentine répond à son tour, ce sera une nouvelle occasion de mettre le PSG en une des journaux. Et peut-être de faire du flop David Beckham une histoire déjà ancienne. Tout comme l’affaire Beckham avait fait oublié le licenciement d’Antoine Kombouaré. N’oubliez-pas : « Plus on parle du PSG, mieux c’est… »

S.

Guivarc’h : « Je peux pas, j’ai piscine »

Stéphane Guivarc’h est devenu malgré lui une légende du football. Un peu comme Chuck Norris est une star pour les « geeks », la bulle media en a fait le chat noir du football français. C’est presque devenu une expression consacrée : on peut rassurer un joueur mauvais en lui disant « ne t’inquiète pas, tu es tout de même meilleur que Guivarc’h ». Pire que ça, il est même officiellement élu « pire attaquant de la ligue anglaise » par le Daily Mail en 2009.

Ce titre résonne comme une vengeance des anglais suite à sa participation à la finale de la coupe du monde qu’ils considèrent injustifiée. Il est donc devenu presque plus célèbre après sa retraite que pendant sa carrière de joueur. Cette solide réputation de « loser » bien accrochée à lui, il a en plus décidé de se réorienter dans la vente de piscines et de produits de balnéothérapie près de Concarneau. Il n’en fallait pas plus à ses détracteurs pour ajouter à sa légende.

Pourtant, tout cela peut sembler un peu sévère envers l’ancien attaquant international. Il a terminé deux fois meilleur buteur de division 1 avec Auxerre en 1999 et 2000, et sa place en coupe du monde était méritée. Pire, l’affront du Daily Mail alors qu’il n’est resté que trois mois à Newcastle ! Stéphane Guivarc’h fait simplement partie de ces gens qui, sans le vouloir, sont victimes d’internet et de l’hyperréactivité des réseaux sociaux.

Parallèlement à son activité dans la vente de piscines, il est entraîneur de l’US Trégunc depuis 2007. Il fait d’ailleurs monter le club de deux divisions en deux ans pour le mener en division supérieure régionale. Il a également été consultant pour Canal + et directeur sportif de l’En Avant Guingamp. Des performances honorables, mais qui ne fait malheureusement pas autant de bruit que le reste.

Stéphane Guivarc’h suit donc un après carrière atypique, avec sa double casquette d’entraîneur et de représentant commercial. Il a su encaisser cette mauvaise réputation pour désormais vivre de son ancienne passion tout en gardant une autre activité professionnelle.

S.

Tony Parker vu par les américains

Tony Parker est de retour à San Antonio. Le meneur des Spurs a posé ses valises mercredi dans la ville texane, après un mois et demi d’intérim à Villeurbanne pendant la durée du Lock-out. Le français manquera évidemment à l’ASVEL, et il est indispensable à son équipe à San Antonio. Mais a-t-il manqué aux supporters de la NBA ? Est-il aussi populaire outre-Atlantique qu’en France ?

A son arrivée au Texas en 2001, personne ne le connaît. Repéré l’année d’avant lors du Nike Hoop Summit, il est drafté par les Spurs pour la saison 2001-2002, mais s’apprête à débuter sur le banc des remplaçants. A 19 ans, il joue 20 minutes et affiche de belles statistiques (9 points, 3 rebonds, 3 passes décisives) et gagne rapidement sa place dans le 5 majeur. « Au début, je suivais son parcours parce que les joueurs français sont rares en NBA » raconte Whitney Amechi, arrière titulaire dans l’équipe des Highlanders de l’University of California Riverside (UCR), et fan absolue des Spurs. Trois titres de champion NBA plus tard (2003, 2005, 2007), il a acquis une belle réputation. « Difficile d’ignorer un joueur élu MVP des finales 2007, et si souvent dans le NBA All-Star Game. C’est l’un des joueurs les plus rapides, et son tir à trois points a beaucoup progressé » nous explique Christian Kindschy, l’un des « coaches » de l’UCR.

Sa vie privée a aussi beaucoup aidé à le rendre public. Il rencontre sa future femme Eva Longoria, actrice montante à l’époque, dans les vestiaires à la fin d’un match des Spurs en 2004. « C’est sa relation qui en a fait une vraie personnalité. Il n’a jamais atteint le stade de star NBA à part entière. C’est la popularité de son couple qui l’a fait connaître de tous. Au lycée, les filles parlaient de son côté people, et les garçons discutaient de ses performances» nous raconte Corentin Balet, pivot au Lakeview Christian Academy dans le Minnesota.

Ses déboires sentimentaux n’ont-ils donc pas affecté son image ? « En tant que femme, je n’ai pas du tout apprécié cette histoire. Aux Etats-Unis les gens sont très sensibles à ce genre d’affaire » nous dit Whitney. Mais son absence pendant près de deux mois a peut-être fait oublier son divorce. « C’est possible » acquiesce Whitney, « pour être franche, ce n’est pas le joueur de NBA dont j’attendais le plus le retour. Il était loin des débats durant deux mois, et du coup il m’était un peu sorti de la tête » Loin des yeux, loin du cœur, comme on dit…

Tony Parker a donc une nouvelle réputation à bâtir de l’autre côté de l’Atlantique, et son absence loin du conflit entre les joueurs et les présidents des franchises lui permettra peut-être de ne faire parler de lui que pour des aspects sportifs. Mais le natif de Bruges a pris l’habitude des flashes et des projecteurs. Vice-président de l’ASVEL, de multiples contrats publicitaires, un album de rap, une émission de radio… Tony Parker est devenu une marque, et pour exister, une marque a besoin de faire parler d’elle.

S.