Le résumé de la saison en 20 tweets

L’année de football s’étant achevée, c’est l’occasion de revenir sur les faits marquants de cette saison de sport, et pas seulement de foot ! Le Yaourt du Sport vous livre sa rétrospective de la saison 2012-2013 en 20 tweets !

 Le gardien de Toulouse, Ali Ahamada, avait marqué un but à Rennes. Il a été imité une semaine après par Gameiro, ancien attaquant de l’équipe de France…

Auf wiedersehen.

Paris-Match truqué. Lire la suite

Tour de France : les forces en présence

C’est demain, samedi 30 juin, que s’élancera le 99è Tour de France. Au programme, un parcours qui fait la part belle aux rouleurs puisqu’une centaine de kilomètres de contre-la-montre sont au programme ! Ce profil atypique et les non-participations d’Alberto Contador et d’Andy Schleck ont quelque peu rebattu les cartes… A quelques jours du grand départ de Liège, le Yaourt du Sport décrypte pour vous les coureurs à suivre : pour la victoire finale, pour les sprints et pour ce qu’on appelle les « victoires au panache » (comprenez : les coureurs qui n’ont pour ambition que de remporter une victoire d’étape, au mieux le maillot à pois de meilleur grimpeur).

Tour de France insolite

Victoire finale : le maillot jaune pour un pur rouleur ?

Commençons par les deux noms qui, pour l’heure, se détachent assez nettement.

Cadel Evans (BMC) : L’Australien, tenant du titre, figure parmi les grandissimes favoris à sa propre succession. Depuis son titre de champion du monde en 2009, il est indéniable que le coureur âgé de 35 ans a franchi un palier. Très bon rouleur, bon grimpeur, n’hésitant plus désormais à attaquer (c’est ce qu’on lui reprochait beaucoup dans le passé), il semble avoir toutes les armes pour arriver encore aux Champs-Elysées avec le maillot jaune… Enfin presque. Une nouvelle fois, son point faible, c’est son équipe. Qui pour l’accompagner en montagne ? Burghardt, Moinard, Van Garderen, Hincapie ? Même si on ne doute pas de leur dévotion pour leur leader, cela semble un peu juste, comparé à d’autres… Une chance pour lui que le Tour ne se coure pas encore en tandem. Sa probabilité yaourt de gagner : 70%

Bradley Wiggins (Sky) : On ne parle que de lui, en particulier depuis qu’il s’est imposé sur le Critérium du Dauphiné devançant notamment… Cadel Evans ! On savait que c’était l’un des meilleurs rouleurs du monde (vice-champion du monde en titre de contre-la-montre), il a aussi prouvé, depuis 2009, qu’il savait également grimper et suivre les meilleurs (4è du Tour de France 2009, 3è de la Vuelta 2011, vainqueur du Dauphiné en 2011 et 2012, du Tour de Romandie et de Paris-Nice en 2012 !). Et lui arrive à Liège avec une sacrée armada ! Michael Rogers (2è du Dauphiné), Christopher Froome (4è du Dauphiné, 2è de la Vuelta), Richie Porte (9è du Dauphiné)… Il y aurait eu un CLM par équipe, je crois que la victoire lui était quasi assurée. Cependant, j’ai la sensation que le Britannique et ses coéquipiers auront été en forme un peu tôt et qu’ils ne seront pas assez frais pour le Tour. A voir. Sa probabilité yaourt de gagner : 60%

Les outsiders sérieux :

Tony Martin (Omega Pharma) et Denis Menchov (Katusha) : On en parle moins, mais ces deux-là ont vraiment un coup à jouer sur ce parcours. Tony Martin est champion du monde en titre de contre-la-montre, donc de ce côté, ça devrait aller. Mais pourra-t-il suivre en montagne ? Pas sûr, mais je pense qu’il pourra compter sur une équipe qui sera à son service et pas à celui de Levi Leipheimer, qui selon moi est à moitié cramé. Il pourra aider son coéquipier allemand, au même titre que les Français Chavanel et Pineau. Menchov n’a pas, lui, une équipe extraordinaire, en revanche, il vient d’être sacré champion de Russie de CLM. 2è du dernier Tour de France qu’il a couru (2010), le Russe est souvent placé, mais jamais gagnant. Pour l’instant. C’est la bonne cette fois ? Leur probabilité yaourt de gagner : 40%

Les outsiders à suivre :

Vincenzo Nibali (Liquigas), Ryder Hesjedal (Garmin) et Jurgen Van den Broeck (Lotto) : Tous les trois sont des bons rouleurs, des bons grimpeurs et possèdent une équipe intéressante (Basso (même si je doute de sa capacité à se muer en « coéquipier ») et Szmyd pour Liquigas, Danielson et Vande Velde pour Gamin, Roelandts et Vanendert pour Lotto). Mais chacun a une bonne raison de ne pas remporter le Tour. Nibali a déjà fait un gros début de saison et je ne sais pas si son association avec Basso est une aide ou un handicap. Hesjedal vient de remporter le Giro et je le vois mal faire le doublé. Van den Broeck est jeune et on l’encense pas mal, mais finalement, il n’a jamais rien gagné. Des valeurs sures pour le top 10, mais pour la victoire finale, c’est une autre paire de manches ! Leur probabilité yaourt de gagner : 20%

Les « outsiders » dont on parle, mais en fait, on n’y croit pas une seconde :

Fränk Schleck (Radioshack)Samuel Sanchez (Euskatel)Robert Gesink (Rabobank), et Rein Taaramäe (Cofidis) : 3è l’an dernier, Fränk Schleck a été promu leader de son équipe, profitant (ou pas) du forfait de son frère Andy. Sans son frère, en conflit presque ouvert avec la direction de son équipe, et avec la caravane qu’il traîne pendant les CLM, je vois mal comment il pourrait ne serait-ce qu’accrocher un podium. J’estime à 80% ses chances d’abandonner pendant le Tour. Même s’il ne démérite pas dans l’exercice du contre-la-montre, Sanchez paraît tout de même trop juste pour l’emporter et demeure trop marqué grimpeur pour une édition qui ne l’exige pas. Top 5 envisageable. Quant aux deux derniers, ils sont tous les deux bons grimpeurs et rouleurs, mais ils sont sans doute encore trop jeunes pour viser si haut. Gesink n’a pas encore remporté grand-chose et son équipe n’est pas bluffante. Taaramäe, lui, est estonien et appartient à une équipe française. Soyons sérieux… Leur probabilité yaourt de gagner : 5%

Tous les meilleurs sprinteurs du monde sont là

Quel plateau ! La bataille sera féroce dans les sprints massifs et dans la course au maillot vert, même si on sait déjà que certains n’iront pas au bout de la Grande Boucle pour se consacrer aux JO.

Mark Cavendish (Sky) sera bien évidemment encore LE sprinteur favori pour les arrivées en peloton groupé, mais n’ira sans doute pas jusqu’aux Champs pour la conquête du maillot vert (en vue des JO). La Sky semble bien décidée à jouer sur tous les tableaux ! Le champion du monde en titre devrait être bien lancé lors des sprints massifs, au moins par Bernhard Eisel, très rapide également. En ce qui me concerne, j’espère qu’Edvald Boasson Hagen ne sera pas trop au service du Britannique et qu’il aura l’occasion de tenter sa chance. Attention d’ailleurs au Norvégien qui est un très bon rouleur et qui grimpe pas si mal. Pas de quoi viser un podium, mais il ne sera peut-être pas très loin du top 10.

– Les Allemands André Greipel (Lotto) et Marcel Kittel (Argos) seront également redoutables et disposent déjà de références face à Cavendish ! En effet, ils l’ont tous les deux battu, aux Pays-Bas, lors du fameux Ster ZLM Toer ! Certes, le Britannique a remporté le classement général, mais il n’aura remporté aucun sprint massif, au contraire des deux Allemands. Kittel aura même remporté deux étapes. Et ce dernier n’a que 24 ans ! Leur équipe respective sera sans doute moins puissante, mais s’ils prennent la roue de Cavendish, il faudra bien les surveiller !

– Les Australiens Mark Renshaw (Rabobank) et Matthew Goss (Orica) ont également prouvé qu’il faudrait compter sur eux. Tous les deux anciens « poissons-pilotes » de Mark Cavendish, il leur tient à coeur de montrer qu’ils ont les qualités d’un leader. Sur le Ster ZLM Toer, Renshaw a réussi à devancer le Britannique à deux reprises, sans toutefois remporter d’étape. Il n’en reste pas moins véloce et sera l’atout principal de la Rabobank en plaine, puisque l’équipe néerlandaise n’a pas daigné emmener Lars Boom, pourtant vainqueur d’un sprint sur le Ster ZLM Toer devant… Cavendish ! Matthew Goss, lui, est vice-champion du monde en titre (derrière Cavendish si vous avez suivi) et a devancé le Britannique (bon, il avait chuté…) lors de la troisième étape du Giro, qu’il a remportée. Son équipe, Orica-GreenEDGE, étant moins ambitieuse, il en est le leader et pourra compter sur l’apport non négligeable de sprinteurs comme Baden Cooke ou Stuart O’Grady, tous deux anciens maillots verts du Tour !

– Enfin, on parle moins d’eux, mais il ne faudra pas les oublier : Tyler Farrar (Garmin)Peter Sagan (Liquigas), Alessandro Petacchi et Grega Bole (Lampre). Un peu moins en vue cette année, Farrar a tout de même battu une fois Cavendish l’an dernier sur la Grande Boucle (3è étape). L’Américain a peut-être tout misé sur le Tour cette année. Il pourra compter sur Rob Hunter pour l’épauler. A 22 ans seulement, Sagan représente l’avenir du sprint mondial : trois étapes de la Vuelta l’an dernier, cinq étapes du Tour de Californie ou quatre étapes du Tour de Suisse cette année, son palmarès est déjà long comme une ordonnance médicale de Lance Armstrong (c’est gratuit, je l’admets). Placé cette année dans plusieurs classiques, il va peut-être arriver rincé à Liège. Sans doute dangereux quand même. Enfin, petit choc des générations à la Lampre : Alessandro Petacchi, 38 ans, contre Grega Bole, 26 ans. L’un a l’expérience et a remporté deux étapes et le maillot vert en 2010, l’autre a la jeunesse mais encore peu de grosses références (Grand Prix de Plouay l’an dernier…). Pas certain que cette concurrence soit tout à fait saine.

Petit pronostic yaourt pour le maillot vert : André Greipel.

Enfin, on gardera un oeil, plus ou moins attentif, sur eux

Je ne les vois pas se battre pour un podium ou pour un maillot distinctif (peut-être le maillot à pois pour certains), mais ils ont chacun leur mot à dire pour une victoire d’étape sur leur terrain de prédilection (que ce soit la plaine en échappée, la montagne ou le contre-la-montre). Voici la liste, que l’on pourrait enrichir : Alexandre Vinokourov (Astana) (pas à la retraite celui-là ??!), Oscar Freire (Katusha), Michele Scarponi (Lampre), Alejandro Valverde (Movistar), Simon Gerrans (Orica), Fabian Cancellara (Radioshack), Thomas Voeckler et Pierre Rolland (Europcar) (oui, malheureusement, ce sont bien les seuls Français dont j’aurais parlé, le champion de France, Nacer Bouhanni n’étant même pas là… Je compte surtout sur Pierre Rolland en montagne et pour aller chercher un top 10, même si ce sera très compliqué sur ce parcours pour lui. Voeckler lui parvient toujours à se montrer, mais il serait utopique de penser qu’il peut rééditer son exploit de l’an dernier).

Bon Tour à tous ! On se retrouvera régulièrement pour faire le point et voir dans quelle mesure on se sera bien planté sur ces pronostics !

B.

L’arbitrage français au cœur de nouvelles polémiques

Ces temps-ci, les hommes au sifflet sont souvent critiqués. Ce week-end la 25ème journée a été le théâtre de pas moins de trois polémiques, et les dirigeants de clubs n’hésitent plus à fustiger les décisions arbitrales. Comme si les arbitres avaient perdu leur statut d’intouchables…

Franck Dumas à Caen, Didier Deschamps  à Marseille et la paire Aulas/Garde à Lyon sont montés au créneau ce week-end. Certains se sont excusés depuis, comme Dumas, certains savent qu’ils ont tort, et certains ont raison. Mais qu’ils aient raison ou tort, ça fait presque un match sur trois entaché de réactions virulentes. Jean Michel Aulas, grand habitué des déclarations incendiaires, a déclaré : « Les problèmes avec M. Fautrel ne datent pas d’aujourd’huiS’il ne se sent pas bien quand il arbitre Paris, il faut mettre un arbitre différent. La remontée spectaculaire du PSG au score n’aurait pas eu lieu objectivement sans un laxisme orienté Je le regrette car Paris fait partie des équipes amies (de Lyon), mais ce n’est pas parce qu’il y a beaucoup d’investissements à Paris (…) qu’il faut arbitrer dans le même sens, vers ce qui brille le plus. »

Le corps arbitral ne fait plus peur, tout comme les sanctions prises à l’encontre de ceux qui contestent ses décisions. A chaque fois, les acteurs de ces sorties médiatiques sont convoqués par le Conseil national de l’éthique pour rendre des comptes, mais ça non plus ça n’inquiète plus personne.

La vidéo est toujours le nerf de la guerre

Le problème est là. Aujourd’hui, dans le football, l’arbitre ne bénéficie plus de cette sainte image et de la crédibilité qui lui est dû. Pour une simple raison : la vidéo. Avant, trois paires d’yeux jugeaient les fautes et les hors-jeu. Maintenant, toutes les actions sont décortiquées par quatre caméras, les ralentis, et les millions de paires d’yeux qui les regardent. Au vu de ce fait là, comment peut-on jeter la pierre à ceux qui ne peuvent pas profiter de tous ces angles ? Les arbitres ne peuvent pas lutter contre l’évidence de la vidéo, car toutes leurs erreurs sont mises en lumière. Souvent, les dirigeants reviennent sur le match et les décisions après avoir vu les images ou reçu un appel, prenant même parfois les commentateurs à partie. « Toutes les télés disent qu’il y a hors-jeu », disait Rudi Garcia. Les arbitres reviennent même parfois sur le match et effectuent leur mea culpa après avoir revu les matches. L’arbitrage semble être la dernière facette du football à ne pas évoluer dans un sport que les technologies ont métamorphosé.

Errare humanum est

Sénèque avait raison, l’erreur est humaine. En prenant un peu de recul, on ne peut reprocher aux arbitres de manquer une faute. Mais comment reprocher à un entraîneur de remarquer une erreur, quand celle-ci provoque la défaite de son équipe, avec tous ce que cela implique ? Les enjeux économiques et commerciaux du football ont depuis longtemps surclassé les enjeux sportifs. Aujourd’hui, seul l’immobilisme des instances qui le dirigent le ramène à une dimension humaine beaucoup trop lourde pour les deux seules épaules de l’homme en noir. Quoi que disent les critiques, et malgré les mea culpa, les décisions prises lors d’un match ne changent jamais. Les arbitres restent seuls juges efficients pendant le match, et leur sifflet demeure l’unique maillet de la justice.

Tant que les arbitres n’auront pas les mêmes moyens techniques que les gens qui les conspuent, le combat sera trop inégal.

S.

La bombe Contador

Plus personne ne croyait à une sanction, et pourtant. Le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) a condamné hier Alberto Contador à deux ans de suspension. Retour sur 18 mois d’indécision.

C’est la fin d’une triste affaire dont le cyclisme se serait bien passé. Alberto Contador, champion parmi les champions de la discipline, vient d’éclabousser le monde du vélo d’un nouveau scandale. Contrôlé positif au Clenbutérol en juillet 2010, il a d’abord tout nié en bloc et donc provoqué un long procès qui s’est achevé hier par le plus lourd verdict possible. 2 ans de suspension et le retrait de tous les titres acquis depuis le contrôle, dont notamment le Tour de France 2010. Pourtant, les spécialistes pensaient que l’espagnol bénéficierait d’une protection de l’Union Cycliste International. Mais  les trois juges du TAS ont décidé de lui retirer tous ses titres depuis le contrôle et de le suspendre jusqu’en août prochain. La rétroactivité a pour effet d’alléger la peine, dans la mesure où les mois d’intersaison sont décomptés comme des mois de suspension.

Une double peine ?

Outre la suspension sportive, « El pistolero » a écopé d’une amende parallèle d’environ 2,5 millions d’euros, correspondant aux prix qu’il a accumulés lors de ses victoires retirées. Mais cette sanction est indépendante de la première, et le coureur espagnol peut encore faire appel auprès du tribunal fédéral suisse. Cette « double peine » semble logique car elle accompagne le jugement. Reste à savoir si le coureur espagnol voudra risquer de remettre la lumière sur son affaire alors qu’il n’a que peu de chances d’obtenir gain de cause.

La chute de l’invincible

Avec Contador, c’est évidemment toute la planète cyclisme qui est secoué. Il est considéré comme l’un des meilleurs grimpeurs au monde, et semblait invincible. Vainqueur du Tour de France en 2007, 2008 et donc 2010, et vainqueur du Tour d’Italie 2011, il abordait la Grande Boucle en conquérant. Mais, sans doute secoué par les suspicions qui planaient au dessus de sa tête, il ne finit que 5è. Ce mauvais résultat sonne comme une sorte d’aveu. Pas sûr que le champion originaire de Pinto, en banlieue de Madrid, revienne à son plus haut niveau après toute cette histoire. Moins incisif physiquement, moins rayonnant mentalement au sein de son équipe Astana, il va devoir gérer la vague de critiques qui va de nouveau déferler sur lui après ce verdict. De plus, il n’est même pas certain de reporter un jour le maillot d’Astana, et il sera intéressant de voir si les autres équipes vont se bousculer pour le récupérer en cas de rupture de contrat par l’écurie kazakhe…

S.

Actes racistes et homophobes dans le sport : peut-on lutter à petite échelle ?

« Le sport est un vecteur de respect, de citoyenneté, de tolérance. » Cette phrase résonne comme la plus forte au sortir de notre entretien avec Arnaud Kenigsberg, chargé de mission sport à la Ligue Internationale Contre le Racisme et l’Antisémitisme (LICRA). Si cette phrase est exacte par définition, elle implique un revers de la médaille important. En effet si ces valeurs ont toujours fait la force du sport en général, son aspect populaire le rend sujet aux actes racistes. Aujourd’hui, tous les problèmes d’inégalités sont dus au caractère public du domaine. Et quand on parle d’une matière aussi populaire que le sport, évidemment l’ampleur est énorme. Quelles soient de type raciste ou même homophobe, les violences sont étroitement liées à la visibilité du sport en question, et donc à son rayonnement.

Simplement comment faire pour lutter contre le racisme et l’homophobie dans le sport ? De son côté, la LICRA coordonne les actions organisationnelles, reçoit et traite les plaintes et assure le relai français de l’association FARE (Football Against Racism in Europe). D’autres associations comme la FSGL (Fédération Sportive pour les Gays et Lesbiens), s’occupe de tout cela en termes de violences homophobes. Mais les actions individuelles peuvent-elles porter leurs fruits ? Est-il possible de freiner le racisme et l’homophobie en agissant à la plus petite des échelles ?

Déjà, il faut bien comprendre la synergie entre la démocratisation d’un sport et le nombre des actes racistes qui y sont affiliés. M. Kenigsberg nous précise que si 100 actes ont été répertoriés par la LICRA en 2010, c’est une infime minorité compte tenu du pourcentage d’actes qui ne sont pas dénoncés. C’est le premier levier d’action disponible pour tous. Les actes racistes et homophobes ne sont que trop rarement révélés aux associations. Alors lorsqu’on est témoin d’un de ces actes, que ce soit sur un lieu d’entraînement, dans un stade ou tout simplement en loisir, il faut garder en tête que la victime n’ira peut-être (sans doute ?) pas raconter l’agression.

Deuxième levier d’action, éviter les effets de masse. Moins médiatisés que les actes racistes dans les stades par exemple, les lynchages dans les centres d’entraînements sont pourtant très nombreux. Et dans ce cas, la principale faute, c’est de penser que « ce n’est pas grave, ce n’est que de l’humour ». Les moqueries peuvent faire partie de l’humour, mais il faut s’assurer que tout le monde, et donc surtout la cible des quolibets, l’entend de cette manière. Oser s’interposer face à la masse et prendre parti pour défendre la victime peut-être primordial, car cela peut inciter d’autres personnes qui ne disent rien uniquement pour faire comme le groupe. De plus, cela peut convaincre la victime de dénoncer ces actes, ou même d’autres commis auparavant.

Evidemment, l’endroit où les actes racistes sont les plus visibles reste les stades de football. Encore une fois, il faut se rappeler de la connexion entre le caractère populaire d’un sport et le nombre des actes de violence. Ce n’est pas l’essence même du football qui incite ces actes, mais le fait que ce soit le sport le plus suivi en France. Au-delà du plus grand nombre dû aux plus nombreux pratiquants, le moindre fait ou la moindre parole raciste est tout de suite éclairé par le rayonnement médiatique. Prenons l’exemple du rugby, un sport dont le nombre de licenciés et de supporters augmente d’année en année ces temps-ci. Les associations contre le racisme et l’homophobie s’accordent à dire que cette augmentation est accompagnée d’une hausse des actes de violence recensés dans les stades. Le troisième levier d’action est donc la prohibition des paroles racistes ou homophobes dans les stades. En se basant sur la même mécanique que l’effet de masse, il faut garder à l’esprit que la plupart des gens proférant des insultes par exemple ne le font que par effet de groupe, et ne sont pas eux-mêmes racistes ou homophobes. Savoir dire non ou savoir dénoncer de tels actes, c’est aider les victimes d’une part, mais peut-être aussi faire germer l’idée dans d’autres têtes que tout le monde peut agir.

Ces trois leviers semblent bien-sûr anecdotiques, mais il faut croire en l’effet papillon. Une petite action peut en mener une autre, et le nombre d’actes recensés est en augmentation. Cela ne veut pas dire que le nombre d’actes racistes ou homophobes augmente, mais que les gens prennent conscience qu’il faut les révéler. Il ne faut donc pas hésiter à ajouter sa pierre à l’édifice, et commencer à lutter à son échelle, pour pourquoi plus tard recevoir un LICRA d’or, récompense accordée tous les mois aux plus méritants. C’est le moyen le plus efficace pour que le sport reste, comme le dit M. Kenigsberg, « un modèle d’intégration, de mélange des cultures et de mixité sociale ».

S.